La santé n'a pas de prix, mais elle a une valeur et elle coûte cher. C'est cette tension, économique et politique, que le séminaire de l’UC2m s'est attaché à explorer le 2 juillet 2026, à la veille d'une élection présidentielle où les questions de santé seront centrales.
Le constat partagé : la médecine est un sujet politique Le séminaire part d'un paradoxe : parler du prix de la santé suscite « de l'embarras, voire de l'indignation », alors même que les actes soignants ont une grande valeur et coûtent cher à la collectivité. Comme le rappelait Michel Foucault, « nous sommes dans un système fini face à une demande infinie ».
Trois éléments de contexte
Les dépenses de santé sont en concurrence avec d'autres priorités budgétaires.
Sans collectivisation des dépenses de soin, la majorité des citoyens n'aurait pas accès à des soins de qualité
Les rapports d'experts convergent : des marges d'amélioration et des régulations sont possibles sans bouleverser le système, mais en le réformant
Sept axes à prendre en compte
Donner un sens à la « valeur en santé »
La France ne dépense pas « trop », elle finance mal et n'investit pas
Les leviers de régulation « par les prix » sont épuisés
L'hôpital, moteur d'une transformation du système
Investir, prévenir, coordonner
Évaluer les résultats, pas seulement les moyens
L'Europe et l'innovation : veiller à ne pas décrocher
Confiance, alliance et responsabilités
LES PROPOSITIONS PRINCIPALES À RETENIR
Rééquilibrer la régulation des prix vers les volumes : pertinence, qualité, prévention, organisation
Investir et sanctuariser des crédits d'investissement ; raisonner en liquidités (« cash avant care »)
Faire de la prévention un véritable horizon budgétaire (2,1 % aujourd'hui) en s'appuyant sur des programmes évalués
Structurer les parcours de soins via des systèmes intégrés et des organisations territoriales (responsabilité populationnelle, HAD, ambulatoire)
Pluriannualité budgétaire pour redonner de la visibilité aux professionnels
Financer la qualité de manière partagée et collective, au-delà des 1 à 2 % actuels.
Évaluer les résultats (trajectoires, rechutes évitées) plutôt que la seule activité
Clarifier la gouvernance : qui décide, qui est responsable ?
Veiller à la place de l'Europe face aux stratégies américaines et chinoises sur le médicament et l'innovation
Partager les bénéfices de la pertinence entre acteurs, plutôt que d'en faire un instrument de contrôle